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 Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]

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MessageSujet: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Mar 29 Juil - 21:22

Page n°83

" Ça fait deux semaines entières je n'ai vu personne à l'atelier. Les commandes sont au point mort. Au début, j'étais content, ça me laissait plus de temps pour moi mais, je viens de regarder ce qu'il me reste, je ne tiendrais pas jusqu'à la fin du mois avec ça. Il me manque quelques sous et ça me déprime. Ce soir, j'ai décidé de quitter un peu mon atelier pour aller me divertir en ville. Ca tombe bien, j'ai entendu dire qu'il y avait une barde dans le coin, raconteuse de récits en tous genre dont la véracité laissait à désirer. Qu'importe, du moment que c'est distrayant. Et puis quitte à ne pas avoir de sous, autant dépenser le peu qu'il me reste pour me redonner le sourire ! "


[...]

Gantt était devant son miroir. Pour une sortie en ville, de nuit en plus, il devait prendre un minimum soin de lui. Pas qu'il faisait attention à l'image qu'il allait donner mais, plutôt qu'il n'avait pas envie d'être pointé du doigt ce soir là. Les gens le connaissaient ici et beaucoup d'entre eux préféraient l'éviter. Il ne voulait pas être le cheveux dans la soupe. Cela dit, quand Alexander entendait prendre soin de lui, il ne fallait pas non plus s'attendre à des miracles. Affaires froissées, cheveux mal coiffés et barbe mal rasée. Pas de parfum ni d'eau de Cologne, il n'en avait pas les moyens. Vêtu d'une chemise blanche à laquelle il manquait deux boutons en partant du haut, un manteau noir long qui semblait poussiéreux et d'un chapeau troué, il avait ainsi quitté l'atelier, discrètement, en prenant la direction du centre-ville.

Demandant son chemin à quelques passants, il était à la recherche d'une auberge ou d'un cabaret où cette barde était bien censée se produire. Ce qui était assez étonnant, c'est que bon nombre de gens semblaient la connaitre de réputation mais, si peu de personnes s'intéressaient à elle. Gantt ne comprenait pas pourquoi. Elle chantait, c'était le principal, non ? Pourquoi une autre plutôt qu'elle ? Quand enfin, il eut finit de tourner en rond et trouva la bonne auberge, il pénétra aussi simplement que ça l'établissement en question et s'en alla s'asseoir au bout du comptoir, traçant sa route au travers des clients déjà présents.

Assit donc, sans avoir commandé quoi que ce soit, il fallut attendre que se soit l'aubergiste qui vienne. Il commanda un verre d'eau tiède, à son grand étonnement. Au moins, il ne payerai pas grand chose pour sa consommation. La barde était bien là, en effet, et il se trouvait alors assit plus loin derrière elle. Il ne l'avait pas vraiment reconnu en fait mais, c'était la seule femme de l'établissement, alors il devait sûrement s'agir de la bonne personne. Une femme pas désagréable à regarder mais, il restait encore à savoir ce que donnerai sa voix et ses paroles. Gantt avait le sourire, il allait passer une bonne soirée, loin de toute la froideur et le machinisme de son atelier.

Finalement, on lui apporta son verre. Il soupira, puis en but une gorge, avant de tourner de nouveau le regard vers cette jeune femme. Il était bien curieux de savoir ce qu'elle avait à raconter ou la façon dont elle pouvait chanter. Après tout, il semblerait bien qu'elle ait eu une réputation passée qui se soit malheureusement éteinte aujourd'hui. Pourquoi ? Il se posait déjà tant de questions qu'il en oubliait la raison première de sa venue ici. Il soupira encore, déviant le regard devant lui. Il n'était pas là pour se casser la tête mais, uniquement pour se détendre. Il éviterai de trop réfléchir ce soir.


Dernière édition par Alexander Gantt le Lun 8 Sep - 22:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Mer 30 Juil - 12:20

Peronelle avait été très chaleureusement accueillie par l'aubergiste. C'était une femme forte au visage rude et aux bras puissants à l'allure très masculine. Elle gérait seule son établissement depuis la mort de son mari, pris à parti dans une rixe d'hommes saouls. La barde était donc là ce soir pour calmer les esprits qui s'échauffaient trop rapidement sous les vapeurs de l'alcool. L'aubergiste voulait tenter une nouvelle approche en douceur. On la respectait bien sûr, mais elle ne pouvait plus effrayer les nouveaux clients lorsqu'elle jetait dehors les loques qui pourissaient dans les coins de la salle. Pour éviter que son affaire ne coule, elle avait fait appel à Peronelle, qui jouissait encore de son ancienne réputation de chanteuse, bien qu'elle ne soit pas très connue dans cette partie de la cîté.

La voilà donc assise à une table, patientant jusqu'à ce que la salle soit comble. Le seul inconvénient, ce soir-là, était que le public présent était exclusivement masculin. Il lui fallait trouver dans son répertoir ce qui pourrait plaire à ces hommes, dont le seul point communs était la soif du soir. Elle n'avait pas désiré que l'aubergiste installe une place pour le spectacle, elle n'en avait pas besoin. On l'entendrait bien vite et l'espace se créerait de lui-même.

D'abord des accords simples, composants une balade banale. Elle compliqua l'affaire avec des notes plus complexes, une sonorité dansante. Peronelle cherchait en fait ce qui intéresserait le plus son public masculin. Elle marqua une pause, sans relever la tête et enleva son chapeau rond afin de le poser devant elle. Elle prit alors le contrôle de l'assemblée. L'idée lui était venue. Une ballade épique, des notes simples mais impactantes, un rythme de marche à la guerre. Cela ferait l'affaire.

Sa voix s'éleva au-dessus de toutes les autres, puissante. Elle usa d'abord de son ton habituel en chantant. Elle raconta ainsi la légende de Filius, jeune homme blessé à la guerre. Enrôlé très jeune, c'était un vaillant combattant, agile et aux bras puissant. La guerre avait été sa bouée de secours, après que son village fut décimé par la colère d'un dragon. Sa voix se fit plus intense et plus grave un instant, presque violente, perçant chacune des âmes présentes. Elle s'adressait personnellement à chacun d'eux, comme un murmure dans le creux de l'oreille qui fait trembler le corps entier.

Spoiler:
 

Peronelle acheva son histoire par quelques vers elfiques qu'elle chanta d'une voix claire, et continua un moment à jouer des doigts sur les cordes de son instrument.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Jeu 7 Aoû - 13:46

Enfin, l'heure était arrivée. Alors que Gantt commençait à s'impatienter, ou plutôt, à douter, la jeune femme fit ses premières notes. Si elles semblaient assez hasardeuses, au début, elles ne tardèrent pas à s'harmoniser pour former une mélodie complexe et riche en émotions. Cette femme était douée, cela ne faisait aucun doute. Le jeune mécanicien l'écoutait avec entrain, mêlant la concentration à l'admiration. Ses oreilles étaient grandes ouvertes et elles ne laissaient pas s'échapper une seule note. Quel formidable mélange, il n'était que peu étonnant que le publique ait été aussi vite conquit par la mélodie.

Un rythme saisissant, à la fois rigide et souple, qui contrastait bien avec une composition vivace et agressive. Elle n'était pas brutale, cependant, elle était ... Respectable. C'était le meilleur qualificatif qui lui venait à l'esprit en l'écoutant, respectable et probablement respectée. Il avait le sourire jusqu'aux oreilles, assit au coin de l'auberge. Il se faisait d'ailleurs bien discret et le spectacle ne faisait que l'aider, tout le monde avait le regard rivé vers la barde. Elle avait posé son chapeau à l'envers, ce qui ne lui avait pas échappé. Sûrement pour récolter des fonds, pensait-il. Tant qu'à faire, il n'aurait qu'à y apporter sa contribution, après tout, elle le méritait bien.

Voilà qu'elle se mit à chanter, accompagnant sa mélodie de quelques paroles. Un poème en somme, tout ce qu'il avait de plus parlant, là encore. Il était bien vrai que la colère était mauvaise conseillère. Comment cette femme pouvait-elle être à la fois aussi superficielle et profonde ? Une véritable énigme aux yeux du jeune scientifique. Plus énigmatique encore, comment se faisait-elle que les gens l'avaient oublié ? Où était passée sa réputation et pourquoi ? On ne pouvait pas simplement dénigrer une telle finesse de l'esprit !

Cela l'énerva d'ailleurs, à mesure qu'il réfléchissait à la question, au point que le chant et la musique finissent par ne plus l'atteindre. C'était tout simplement inacceptable ! Contrarié, il finit par s'en retourner à son verre et à ne plus prêter attention à la barde. Fort heureusement, il n'avait pas raté l'essentiel et elle termina peu de temps après. Tonnerre d'applaudissements, pas mal d'hommes s'étaient levés pour aller déposer quelques sous dans son chapeau. Gantt aurait voulu en faire autant mais, il n'aimait guère la démonstration. Il ne pouvait pas simplement se lever pour aller déposer quelques pièces, non, il devait être bien plus discret que ça.

Une petite idée germa alors dans sa tête. Il attendit patiemment que la foule se calme et se disperse, en partie, pour approcher la barde de plus près. Il n'avait que peu d'argent et ce n'était pas deux sous et demi qui allaient faire la différence pour elle. En revanche, il avait en sa possession quelque chose de bien plus valeureux. Pas question pour lui de s'en séparer comme ça mais, là encore, il avait sa petite idée. Il s'approcha donc d'elle, puis prit une voix basse.

- Formidable démonstration, je regrette le temps où votre chant raisonnait entre tous les plus prestigieux murs de la ville. Puis-je vous offrir quelque chose à boire ou à manger ? Cela vous évitera de mettre la main à votre chapeau. Dit-il avec un large sourire.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Dim 10 Aoû - 22:06

La belle barde ne s'était en aucun cas attendue à être si bien accueillie. Surprise, Peronelle leva les yeux vers l'assemblée et vit une masse d'homme verser leurs pièces dans son chapeau. C'était clairement une bonne soirée pour elle. Elle souriait aux compliments, ignorait les demandes mal placées et remerciait quand l'argent tombait. La jeune femme était fière d'elle. Bien que son ancienne réputation ne la suive plus tout à fait, elle commençait enfin à se faire un nouveau nom dans son milieu. Bien sûr, personne ici ne connaissait le nom de scène qu'on lui avait attribué lorsqu'elle chantait au cabaret. Et cette ville ne lui rappelait pas forcément de bon souvenir, d'autant plus qu'elle avait oublié quelque chose.

Mais sur l'instant, elle n'y pensait pas. Peronelle changea de position et lâcha ses jambes engourdies dans le vide. Mine de rien, elle avait chanté pendant un long moment. Elle ne se rendait jamais compte du temps qui passe. La foule s'évanouit lentement et elle se retrouva à nouveau seule, à l'identique de sa situation en début de soirée. Sauf que maintenant, elle possédait une jolie petite somme qu'elle utiliserait surement pour dîner avec ses amis du coin. Quelques étirements plus tard, elle se leva, s'apprêtant à partir en emmenant son précieux butin avec elle, loin des mains avides qu'elle devinait déjà dans les fonds de la salle.

Alors que sa main se dirigeait vers son couvre-chef, une voix retentit près de son oreille, faible et suave comme un murmure. L'homme qui lui souriait était de belle carrure et lui parut fort charmant. Peronelle se surprit elle-même à le dévisager, habitude qu'elle n'avait guère, mais cet individu l'intriguait à présent. Bien qu'il soit d'apparence plutôt singulière, son aspect négligé et son regard bleu vif, aussi perçant qu'une pointe de flèche, la mettaient mal à l'aise. Peronelle laissa ainsi s'échapper quelques précieuses secondes avant de lui sourire enfin.

« Je suis ravie que cette modeste histoire vous ait plu ! Quant à moi, je ne regrette en rien ce temps-là et préfère largement la vie que je mène à présent, loin de ces mondes de corruptions et de superficialité. »

Le souvenir de son invitation lui revint à l'esprit. Elle se questionna d'abord, en proie à un sérieux doute, puis se résigna. Voilà longtemps qu'elle n'avait plus eu le loisir de passer la soirée, en toute honnêteté, avec un homme charmant - bien que, dans ce cas là, il paraisse plutôt débraillé -. Ses acolytes allaient devoir se passer d'elle pour la soirée et se contenter des ragots des bas-fonds de la cité.

« C'est avec plaisir que j'accepte votre invitation ! »

Peronelle souriait un peu bêtement, comme une enfant qui attend qu'on lui offre sa friandise préférée. Elle fit un pas en direction du comptoir et se ravisa soudain, surprise de sa propre bêtise. Elle leva un doigt sous les yeux de l'homme en question en signe d'attente et retourna vers la table. Rapidement et avec agilité, elle versa le contenu de son chapeau dans une bourse qui était accrochée par un simple noeud à sa taille. L'argent rentrait pile-poil, ce qui l'arrangeait bien. Peronelle se retourna ensuite et sourit face à l'inconnu.

« Nous pouvons à présent y aller ! »

Elle lui emboîta le pas jusqu'au comptoir, sur lequel elle s'accouda nonchalamment à côté de son chapeau.


Dernière édition par Peronelle Persian le Sam 16 Aoû - 20:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Lun 11 Aoû - 22:26

Alexander était satisfait, la jeune barde avait accepté son invitation. Cela dit, il était à noter qu'il n'était pas satisfait parce qu'elle avait accepté mais seulement parce qu'elle s'était décidée d'accepter. Il y avait là une petite différence, le doute était lisible dans les yeux de la jeune femme au moment où il l'avait abordé, ce qui signifiait qu'elle avait hésité entre lui faire confiance, et par conséquent accepter, ou se méfier de lui, et par conséquent, décliner. Il avait le sourire aux lèvres, si son apparence ne prêtait guère à lui accorder confiance, sa façon de parler, son attitude et son regard ne faisaient que la mettre davantage mal à l'aise. Or, elle avait quand même accepté, ce qui ne signifiait que deux choses. Soit elle avait décelé en lui quelque chose qui l'avait rassuré, soit son intérêt propre y trouvait plus son compte à accepter son invitation qu'à s'en aller. Une petite égoïste profiteuse ? Il en doutait, on ne pouvait pas simplement faire ce métier quand on ne pensait qu'à soit même, du moins, pas aussi bien. Il avait donc opté pour la première solution et c'est uniquement pour cette raison qu'il était satisfait.

Moins satisfaisant en revanche, la jeune barde avait d'abord prit le soin de ranger son argent durement gagné dans sa bourse, accrochée à sa ceinture. Il resta de marbre, le regard vide et le sourire aux lèvres, comme si de rien n'était. C'était ça qui avait fait que la plupart des gens qui l'avaient connu s'étaient méfiés de lui. Comment peut-on se rassurer face à un sourire aussi bienveillant quand le regard qui va avec n'exprime absolument rien ? On aurait juste dit une façade amicale mais inerte. Il s'était assit à côté d'elle, repensant à ce qu'elle lui avait dit. Loin de la superficialité et de la corruption de ce monde ? Franchement, quand on vit dans l'aisance aussi bien sociale que matérielle, de quoi peut-on se plaindre ? Gantt avait du mal à comprendre où elle voulait en venir, pour lui, la célébrité amenait l'argent et le respect, que demander de plus ? Il était vrai que cela pouvait aussi amener les responsabilités ainsi que l'opportunisme et l'envie, et par conséquent, pas mal de problèmes.

Voilà qu'il réfléchissait encore trop. Bien sûr que pour lui, cela ne voulait rien dire ! Il était connu de la ville et c'était cette même réputation qui l'avait placé à la marge, loin de tous les problèmes de la société ! Forcément, il ne voyait donc pas où était le mal à être connu puisque c'était cette même réputation qui avait fait sa propre couverture. Mais elle pouvait faire l'inverse aussi et c'est bien ce qui semblait être arrivé à cette jeune femme. Après, elle avait de l'argent ! Lui non et il n'aurait pas dit non à quelques pièces en plus de sa réputation. Il soupira, il fallait qu'il arrête de réfléchir. Il se contenta de la regarder avec le sourire. Comment obtenir sa bourse ? Cela semblait exagéré mais il y tenait, pas question de repartir sans avoir apporter sa contribution ! Et d'ailleurs ce n'était pas bien difficile, l'un en échange de l'autre, bien que les valeurs n'étaient pas la même, à son avantage à elle. Mais qu'importe, qu'avait-il à faire d'un bibelot pareil ? L'alcool semblait être la meilleure solution, dans l'immédiat. Il posa ce qu'il lui restait d'argent sur le comptoir, regardant l'aubergiste.

- Tout ce que cela pourra vous payer en bière forte, s'il vous plait. Il retourna ensuite à la barde, qui il devait le reconnaître, était fort jolie. Parlez moi de vous, quel est votre nom et votre histoire ? Dit-il d'un air sobre et amical.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Mar 12 Aoû - 20:43

Des pintes de bières ? Voilà qui n'était pas pour déplaire à Peronelle. L'alcool, elle connaissait. Elle sourit après qu'il a passé commande, se souvenant d'une soirée qu'elle avait passé en compagnie du vieux Ernie et d'Aliénor, une jeune fille à peine sortie de l'adolescence, mais elle aussi à la rue. Cette nuit là, ils avaient bu et chanté tous trois jusqu'à l'aube, savourant un doux moment de liberté avant que les gardiens ne les délogent, pour « ne pas attenter à la vue des bonnes gens », selon eux. La jeune barde chassa rapidement ce souvenir et garda le silence jusqu'à ce que l'aubergiste amène deux énormes pinte de bière remplies à ras. Peronelle en but une longue gorgée, la savoura un instant et se tourna vers l'homme qui l'accompagnait, un immense sourire accroché aux lèvres.

« Peronelle, pour vous servir ! »

Pour accompagner ces paroles, la jeune femme s'était levée d'un coup, sautant de son tabouret jusqu'au sol et exécutant une douce révérence à l'homme qui se trouvait en face d'elle. Elle se rassit dans la seconde qui suivi et commença son récit, qu'elle ponctuait de quelque silences, instants pendant lesquelles elle avalait une autre gorgée de sa douce boisson.

« Pour vous faire court, j'ai vécu avec une vieille tante dès l'âge de dix ans et ce tout le temps que dura mon adolescence. Au tout début, j'étudiais l'histoire, mais franchement, c'était pas passionnant du tout. Je crois que c'est de là que mon métier actuel de barde prend ses racines. Je préférais inventer mes propres histoires plutôt que d'apprendre celle plutôt ennuyeuse de notre monde. J'ai arrêté d'étudier et j'ai commencé à aider ma tante dans on commerce. Une boutique d'herbes et de remèdes, vous voyez le truc ? »

Elle n'attendit pas qu'il réponde, but pendant quelques secondes, reprit sa respiration et continua ensuite son récit. Quand Peronelle est lancée, elle ne s'arrête plus, bien que son parler quotidien soit très différent de celui qu'elle utilise dans ses comtes.

« Bref. Je vous passe les détails, ce n'est rien de très passionnant. Gamine, j'ai voulu entrer au cabaret. Toutes ces jolies filles m'impressionnaient et je voulais absolument être comme elles. Le hic, c'est que je ne savais pas danser et je ne sais toujours pas aligner deux pas ! »

Peronelle éclata d'un rire franc et soupira, en ayant pris soin de vider d'une traite le fond de sa chope.

« J'ai ensuite voulu être chanteuse. J'ai commencé à prendre des cours, enfin on m'en a plutôt offert, paraît-il que j'étais douée. Du coup, je suis entrée dans un autre cabaret, plus chouette encore que celui où je traînais avant ! Enfin, c'est ce que je pensais au début. A force de m'entendre chanter presque chaque soir de la semaine, les gens se sont lassés de m'écouter. »

Sans prêter attention à ce que faisait son inconnu de sa bière, elle la tira vers elle, naturellement et en but une gorgée. L'alcool aidant, son langage se fit un peu plus familier, jusqu'à tutoyer parfois le bel inconnu.

« Si je me souviens bien... - Elle compta sur ses doigts- Oui, ça a duré cinq ans ! Mais mon spectacle s'est rapidement essoufflé. On m'a renvoyé. Puis la vieille a rendu l'âme. Ensuite, j'ai carrément galéré. Mais ça, tu t'en fiches surement ! C'est dans cette période que j'ai rencontré mes plus chouettes copains. Pis du jour au lendemain, j'me suis souvenue que je savais chanter et créer des histoires. Alors je me suis refait une vie bien à moi, tout en comtes et en chansons. J'trouve ça plutôt sympa moi ! »

Elle fit une longue pause qui marquait la fin de son récit. En fait, la tête commençait à lui tourner. Certes, elle appréciait l'alcool, mais elle ne le supportait pas bien pour autant. Elle posa son coude sur le comptoir, son menton dans le creux de sa paume et regarda longuement l'homme aux yeux bleu. Inhibée, elle le trouvait encore plus charmant qu'il ne l'était au premier coup d'oeil. Peronelle lâcha un long soupir, puis reprit sa joie de vivre habituelle. Elle se redressa, presque en pleine forme et l'assaillit de questions.

« Et vous ! Dites-moi tout ! Comment vous vous appelez ? Vous aimez les animaux ? Vous les avez perdus où, vos boutons ? Vous êtes connu par ici ? Les gens vous regardaient bizarrement. »

Après avoir projeté ce flot de paroles, elle retomba dans sa position précédente et le regarda fixement, en attente d'une réponse. En même temps, elle se massait la tempe.


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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Ven 15 Aoû - 18:51

Quel personnage haut en couleurs, pensait Gantt après les courtes mais intenses présentations de la jeune barde. Ainsi, elle se nommait Peronelle, voilà un nom qui avait le mérite d'être très original, c'était la première fois qu'il entendait une dénomination semblable. Il la regardait boire avec une certaine gourmandise mais, pour sa part, il se gardait bien de toucher à l'alcool. D'ailleurs il ne protesta pas lorsqu'elle lui prit son verre, bien au contraire. Pour ne pas que cela paraisse suspect, il se contentait de lui sourire et d’acquiescer, montrant ainsi son intérêt à sa conversation. Ce n'était pas une simulation d'ailleurs, ce qu'elle disait l'intéressait vraiment. Une personne avec une grande joie de vivre, c'était relativement rare de nos jours. Les gens croulaient sous le problèmes et l'anxiété, ce qui les rendait égoïstes, grisâtres et souvent de mauvaise humeur. Or ce n'était pas son cas et mieux encore, elle semblait apprécier sa vie d'aujourd'hui plus que sa vie d'avant alors qu'elle était plus difficile. Cela le faisait sourire, cette jeune femme vivait en se contentant de ce qu'elle avait.

Cela dit, l'effet de l'alcool commençait à faire sentir, plus précisément quand elle se mit à le tutoyer. Cela l'étonna un peu, au début, car c'était bien la première fois que quelqu'un le tutoyait ici. Ce qui l'étonna encore plus, ce fut quand elle lui demanda de lui raconter son histoire, à son tour. Il fit un sourire gêné car il ne le voulait pas, mais en même temps, avait-il le choix ? Cette jeune femme avait fait preuve de pas mal de franchise avec lui et, qui plus est, en ne se souciant même pas de s'il était de confiance ou non. Il regarda le comptoir, ne perdant pas son sourire cependant, puis finit par soupirer, après un instant de silence.

- Je m'appelle Alexander Gantt et oui, j'aime beaucoup les animaux. J'ai une préférence pour les chats. Ce sont des boules de poils très câlines et très intelligentes. C'est pour ça que je les préfère aux autres, car leur intelligence peut aussi se transformer en ruse et là, on ne sait jamais à quoi s'attendre. N'avez-vous jamais vu un chat en train de calculer son prochain saut ? Il y a une lueur dans le regard, elle est particulièrement expressive. J'ai l'impression que ces animaux ressentent beaucoup plus d'émotions que nous et s'ils pouvaient parler, ils nous en diront long sur ce que nous ne soupçonnons même pas ! Il soupira encore un peu. Malheureusement, je n'ai pas les moyens d'en acquérir un et pourtant, il me tiendrait fort bonne compagnie. Enfin ...

Il s'étira alors.

- J'ai perdu mes deux boutons de ma chemise lors d'un petit accrochage avec une cliente. C'est une histoire peu croyable dans la mesure où cette jeune femme était une habituée de mon atelier. Il ne se passait pas une seule semaine sans qu'elle ne m'apporte quelque chose. À chaque fois, elle me payait le montant dû. À la douzième semaine, elle m'avait apporté quelque chose de particulièrement difficile à réaliser et qui allait me coûter particulièrement cher. Lorsque le travail fut terminé, elle revint en m'annonçant qu'elle n'avait pas les moyens de me payer, or si elle ne me payait pas, je n'avais plus qu'à mettre la clé sous la porte. C'est donc tout naturellement que j'ai renoncé à ma créance. Figurez vous que cela ne lui a pas plut. Elle s'est énervée, elle a commencer à m'exposer une série d'excuses impossibles comme quoi je ne devais pas renoncer à ce qu'elle me devait. Je suis finalement revenu sur ma décision, puisque c'est ce qu'elle voulait, et je lui ai réclamé le montant. Ça ne lui a pas plut non plus. C'était beaucoup trop cher pour elle. Je lui ai fait une remise, elle n'a pas non plus accepté. Je lui ai proposé de payer en plusieurs fois, mais, le résultat était définitivement le même. Je n'avais plus de solution à lui proposer, du coup elle m'en a formulé une toute autre ... Et c'est comme ça que j'ai perdu mes deux boutons de chemises. Il lui sourit alors, lui envoyant un regard plein de sous-entendu. Si vous voyez ce que je veux dire.

Il se marra bien ensuite, il n'aurait jamais cru cette jeune fille capable d'autant d'efforts et de patience pour arriver à ses fins.

- Mais bon, toute cette histoire n'a duré qu'un mois ou deux avant qu'elle ne se lasse. Si les gens me regardent bizarrement ici, c'est parce qu'ils me considèrent comme un fou psychopathe dangereux et instable. Sous prétexte que je n'ai pas la même façon de voir les choses qu'eux, je deviens un marginal infréquentable. Ah ... Qu'importe après tout, je ne m'en porte pas plus mal. Ce sont eux qui m'ont construit cette réputation de dégénéré et c'est eux qui font mes affaires. Il sourit agréablement. Je suis assez connu par ici, aussi bien pour mes services que pour mon comportement. Alors forcément, des curieux, il y en aura toujours.

Il fixa Peronelle, se demandant s'il avait répondu à toutes ces attentes tout en sachant, au fond de lui même, que non. Mais qu'importe, elle n'avait pas forcément besoin de tout savoir sur lui et réciproquement, bien que cela serait très intéressant au vu de ce qu'il avait déjà pu entendre. Il n'aurait jamais imaginé une telle histoire pour un tel personnage, cette femme avait un passé très riche et cela lui en donnait des frissons. L'aubergiste ramassa les derniers sous sur le comptoir et apporta deux nouvelles bières fortes.

- Trinquons !

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Sam 16 Aoû - 16:42

Le rouge qui avait prit possession des joues de Peronelle s'était encore plus accentué lorsque son interlocuteur avait mentionné certains événements avec une certaine dame... La barde n'était pas habituée à de tels sous-entendus. Alexander Gantt, puisque tel était son nom, lui racontait son histoire qui était très passionnante, selon la demoiselle. Evidemment, elle n'en était que plus curieuse et s’efforça de ne pas poser d'autres questions dans l'immédiat. Elle l'avait écouté tout du long, en hochant parfois la tête ou en esquissant un nouveau sourire. Pourtant son attention fut instantanément attirée par la nouvelle bière qui était apparue sous ses yeux pétillants.

Peronelle était presque une habituée des cuites, sans pour autant les supporter plus facilement avec le temps. Elle s'empara donc de la pinte qui s'offrait à sa vue, trinqua avec son charmant voisin et en but une longue, très longue gorgée. Ayant perdu tout sens de l'élégance, elle se pourlécha les lèvres pour y récupérer la mousse restante, puis s'essuya nonchalamment la bouche du revers de la manche. Son verre toujours logé dans sa main gauche, elle le pointa vers Alexander et lui adressa quelques mots, non sans hésitation.

« Moi, j'vous trouve très intéressant ! Pis les autres, faut pas y faire attention. Leur vie, bah, elle manque de fantaisie ! »

Elle termina son propos par un hoquet aigue qui la fit glousser. Peronelle but une nouvelle longue lampée de ce merveilleux liquide et reposa brutalement sa pinte sur le comptoir, sans même faire attention au fait que son voisin n'avait, lui, que très peu touché à son breuvage... Elle le pointa alors du doigt alors que son corps entier vacillait sur le haut tabouret.

« J'aurais bien voulu savoir si tu... »

Un nouveau hoquet l'interrompit et elle en perdit même le cours de ses paroles, de telle façon qu'au lieu de continuer sa phrase, Peronelle passa de longues minutes à admirer un point invisible sur le mur derrière Gantt. Elle reprit ses esprits dans un sursaut et lui sourit.

« Je crois, mon cher Alexander, que nous avons assez bu pour ce soir.. Cependant.. »

Elle se retourna vers le comptoir et termina sa bière d'une traite. La barde attendit quelques secondes, la tête baissée, puis reprit son discours avant de rire aux éclats.

« Il ne faut pas gâcher cela n'est-ce pas ? »

Dans un dernier sourire, elle s'effondra comme une masse sur le comptoir. Dans le vacarme constant de la salle, personne n'y avait fait attention et même elle ne savait pas si Alexander lui avait parlé, ou non. Elle croyait encore entendre sa voix au loin alors qu'elle sombrait tout simplement dans le sommeil, la tête posée sur un bras et cachée dans le volume de ses cheveux.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Mar 19 Aoû - 5:13

Au moins, son histoire semblait intéresser la jeune femme. Gantt avait le sourire aux lèvres, c'était bien la première fois qu'on ne lui faisait pas sentir qu'il était lassant avec ses anecdotes et ses dires. Peut-être que l'alcool y était pour quelque chose, après tout, cela semblait avoir libéré la jeune femme de nombre de retenues. Certains qualifiaient cette boisson de plaie de l'humanité, Alexander, lui, y voyait un formidable élixir du pouvoir ! Irrésistible et particulièrement favorable à celui qui n'en buvait pas ou que peu. Il restait encore à savoir faire bon usage de ce dernier et c'était bien le cas du mécanicien. Fort heureusement pour elle, il n'était pas un homme mauvais et n'avait pas l'intention de profiter de la situation pour commettre un quelconque méfait, quoi que ... si tromper sa vigilance pour échanger son argent durement gagné contre un jeton était un méfait, alors oui, il n'était pas aussi bien intentionné qu'il le prétendait.

Peronelle, même si visiblement très alcoolisée, avait le don de le réconforter. Ce qu'elle disait ne devait pas être faux, ces gens là refusaient catégoriquement tout ce qui sortait de leur idéal, mais leur idéal n'était pas celui des autres et encore moins le meilleur. Trop conservateurs, trop aigris pour comprendre ce que Gantt avait comprit. Il en était presque triste pour eux, ils passaient vraiment à côté de merveilleuses choses. Cette barde, en tous cas, avait le mérite d'avoir la joie de vivre et de ne pas être complexe et compliquée, une excellente camarade en somme. Il se demandait s'il ne devrait pas garder le contact, à terme. C'était une idée qui lui plaisait mais, là encore, il ne savait pas comment faire. Cette zone d'ombre ne dura pas longtemps, cela dit, avant qu'il ne trouve une solution.

Finalement, elle pointa son verre tout en ayant l'air absente. Elle ne finit d'ailleurs pas sa phrase. Alexander la regardait avec un sourire bienveillant, bien que curieux de savoir ce qu'elle avait à dire. L'inconscience était proche, cela se voyait bien. Elle se tut, entre deux hoquets, et fixa le mur derrière lui avec insistance. Intrigué, le mécanicien tourna la tête et se mit à fixer la même direction, sans décoller à son tour. Il n'y avait évidemment rien à regarder si ce n'était un mur mais, pourquoi ne pas s'attarder sur un mur ? Il n'y avait aucune différence entre ça et ça, en fin de compte. Encore une fois, elle l'interpella. Il ne détourna pas le regard, cela dit.

- Cependant ?

Assez but, et pourtant il l'entendait boire encore. Elle le faisait vraiment marrer, voilà un personnage haut en couleurs. Voilà qu'elle se mit à rire comme une folle. Il tourna la tête vers elle, cette fois-ci. Qu'y avait-il de drôle ? Encore une fois, l'alcool inhibait et stimulait certaines de ses émotions. Si elle rigolait, c'est qu'elle devait ressentir de la joie. De la joie pour cette soirée ? De la joie pour l'argent récolté ? Ou alors de la joie pour sa compagnie ? Ou tout à la fois ? Qui savait, quoi qu'il en soit, il était heureux pour elle. Il la regarda et l'entendit rire sans rien rajouter, se contentant de lui sourire comme à son habitude, sans exprimer plus d'émotion que cela. Lorsqu'elle s’effondra sur le comptoir, il la suivit du regard, puis tourna aussitôt la tête vers l'aubergiste.

- Je pense que notre damoiselle a trop bu ce soir. Avez-vous une chambre de libre pour que je l'y conduise ?

Mais l'aubergiste, en bonne gérante d'établissement qu'elle était, se sentait un peu responsable de ce qu'il pouvait se passer ici, et Gantt ne lui inspirait guère confiance.

- Laissez, je vais la faire monter moi-même, le temps d'aller chercher les clés d'une case.

Aussi, elle s'absenta un court instant, laissant le champs libre au mécanicien. Ce dernier ne perdit pas une seconde et après qu'elle soit partie, il se pencha à la ceinture de la barde pour en détacher sa bourse. Il la subtilisa ainsi et glissa dans sa poche le fameux jeton de bois.

- À chaque coffre, sa clé. Trouvez la bonne, Peronelle, et ne vous fiez guère aux apparences.

Lui chuchota-t-il alors dans l'oreille. Puis, il se releva. Il referma un peu son manteau et quitta l'auberge sans plus de cérémonie.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Jeu 21 Aoû - 10:48

Peronelle s'éveilla en sursaut, quelques mots résonnant encore à son oreille. A chaque coffre, sa clé... Elle n'y comprenait absolument rien. Elle se retourna dans son lit, décidée à se rendormir, quand le soleil vint frapper à sa fenêtre. La jeune barde soupira.

C'est à cet instant qu'elle se rendit compte qu'habituellement, son lit n'était pas aussi confortable. Et qu'elle n'utilisait jamais d'édredon. D'un bon, elle se redressa et regarda attentivement autour d'elle. Elle se trouvait dans une petite pièce rectangulaire et la fenêtre donnait sur une cours et une étable dans laquelle somnolaient encore quelques chevaux. Un lit imposant, sur lequel Peronelle était installée, siégeait au centre de la pièce et en occupait la majeur partie. La décoration était sobre, s'arrêtant à un tapis et de simples rideaux. La barde se releva lentement en essayant de se remettre les idées en places, et surtout de comprendre ce qu'elle faisait dans un tel endroit. Jamais elle n'aurait eu les moyens de se payer une telle chambre, qui s'éloignait largement de son petit et misérable confort habituel.

Elle tapota ses vêtements à la recherche d'un quelconque indice, puisqu'il semblait évident qu'elle avait dormi toute habillée. Dans une de ses poches, elle trouva un jeton en bois de la taille de son pouce. Il semblait simple et grossier au premier abord, mais quand elle y prêta plus d'attention, elle lui trouva de fines gravures et une marbrure qu'elle ne connaissait à aucun arbre de la région. Voyant qu'il ne lui apportait aucun souvenir de sa soirée, elle le glissa dans sa bourse. Le jeton tomba au sol et roula dans un coin de la pièce, contre son luthe, posé contre le mur.

Peronelle chancela un instant et se retint de tomber en s'appuyant contre la porte. Sa soirée lui revint d'un seul coup. Le spectacle, son succès, l'inconnu qui l'invitait à boire... Comment s'appelait-il déjà ? Alexander Tremp ? Lante ? Gantt ? Gantt !  Mais elle ne se rappelait de rien après sa troisième pinte. Cet homme saurait sûrement l'éclairée sur ce qui s'était passé ensuite et comment elle s'était retrouvée dans cette chambre d'auberge, qu'elle n'avait pas les moyens de s'offrir. On lui avait dérobé sa bourse, mais elle ne soupçonnait guère cet homme aux beaux yeux bleus. Son incapacité à discerner le bien du mal jouait un peu, en effet.

Elle rassembla alors ses affaires en vitesse et sortit sans plus de cérémonies.

Parvenue dans la salle principale de l'auberge, elle alla directement interroger l'imposante dame qui astiquait des verres derrière le grand comptoir. Celle ci lui dit qu'elle n'avait rien à payer pour la nuit.

« C'est vraiment très aimable à vous ! Cependant, savez vous où je peux trouver l'homme avec qui j'ai passé le reste de la soirée d'hier ? »

L'aubergiste rit.

« Gantt ? Tout le monde sait où il habite, c'est plutôt étonnant que vous ne soyez pas au courant. »

Devant le sourire contrit de Peronelle, la grosse femme céda et lui indiqua une adresse, qu'elle griffonna sur un bout de papier. Après y avoir jeté un œil, la barde sortit de l'auberge d'un pas léger, non sans avoir adresser un guilleret signe de la main à l'aubergiste. Dans la rue, qui était encore endormie et silencieuse, comme immobilisée dans le temps sous une grosse couche de brouillard, la jeune femme traça mentalement le chemin qu'elle devrait parcourir. L'atelier de ce Gantt n'était pas aussi près qu'elle ne l'avait cru. Elle se mit cependant en marche.

Sur sa route, elle se demanda de quelle façon il allait bien pouvoir l'accueillir. Elle avait bien bu la nuit précédente et dans ces cas là, elle ne se souvenait jamais de son comportement. Avait-elle été désagréable ? Elle espérait que ce n'était pas le cas. Elle se rappela de ce qu'avait dit Alexander au cours de la conversation et changea brusquement de direction. En traversant les petites ruelles sinueuses, Peronelle trouva enfin son amie, Aliénor. Elle conversa discrètement avec elle, puis la frêle rousse lui tendit un panier rempli de couvertures. La barde la remercia longuement, lui promit notamment de nouvelles histoires et surtout, de passer un peu plus de temps avec elle.

Elle reprit sa traversée de la ville et trouva enfin ce qui l'intéressait, après un quart d'heure de marche rapide. Elle fureta quelques instants dans la grande avenue, sans vraiment savoir quelle maison était la bonne. Et Peronelle trouva enfin.

La boutique s'appelait Mecanik'Oggy. Cachée derrière une jolie fontaine, en parfait accord avec cette grande rue plutôt chic. Peronelle manqua de tomber à l'eau en se prenant le pied dans un caillou, et son panier se renversa. Paniquée, elle le ramassa rapidement avant que son contenu ne s'en échappe et vérifia, en dégageant doucement quelques couvertures, qu'il n'était pas endommagé. Elle se remit en marche et frappa à la porte de l'atelier.

Elle patienta un moment. Peronelle se demanda encore une fois s'il allait bien l'accueillir, s'il saurait qui lui avait emprunté son argent,et surtout, ce que pouvait bien être ce jeton de bois. Alors que la porte s'ouvrait lentement, elle posa son panier au sol, dégagea les couvertures d'un geste agacé de la main – Aliénor en faisait toujours de trop avec ses petits protégés – et en sortit...

Un chaton gris et blanc, qu'elle prit dans ses bras pour le lever doucement vers la porte qui s'ouvrait en grinçant. Cela devrait être suffisant pour être bien accueillie, songea-t-elle. Et puis, elle aimait bien faire plaisir aux gens. Qu'elle les connaisse bien, ou non.


HRP:
 
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Sam 23 Aoû - 21:24

Alexander était directement rentré chez lui après cette soirée pour le moins très agréable. Il avait tracé ligne droite tout en se faisant le plus discret possible. Il n'avait pas prit le temps de compter son maigre butin, il l'avait déposé sur le comptoir et s'en était immédiatement allé dormir, fatigué par les récents événements. Il se demanda bien comment, cela dit, la jeune femme allait le prendre à son réveil. Il eut un petit sourire avant de s'endormir, sûrement le prendrait-elle bien, enfin, qu'il pensait. La reste de la nuit s'écoula donc bien vite et ce fut très tôt le matin que le mécanicien se releva, habillé de la même façon que la veille. Il sauta de son lit à l'aide d'une pirouette, puis trébucha en retombant sur ses pattes, avant de se cogner contre le mur. Ce qu'il pouvait être maladroit. Le temps de faire une brève toilette le voilà déjà de retour à sa boutique, prêt à recevoir d'éventuels clients ou à travailler dur. Quoi que, il n'avait pas de quoi faire sous la main, en ce moment, et c'était bien dommage.

Que faire en attendant ? Ranger la pièce ? Compter ses sous ? Nettoyer ses affaires ? Rien de tout cela ne lui semblait vraiment divertissant. Son dévolu se jeta à la place sur le grand piano disposé au milieu de l'atelier. Ce fut avec un large sourire qu'il s'assit devant lui, après un moment de réflexion. Gantt n'était pas un véritable pianiste mais, ce piano n'était pas non plus un véritable piano. Au départ, c'était un vrai pianiste que lui avait apporté en lui demandant de le modifier pour créer des "raccourcis" sur les touches. Autrement dit, plus d'une centaine de combinaisons différentes lui permettaient de presser une ou plusieurs touches sans avoir à les toucher.

Seulement voilà, le travail qu'il avait accomplit dessus fut si poussé que le pianiste n'était pas parvenu à s'en servir correctement. Les combinaisons étaient trop nombreuses pour être retenues de tête et les sons en étaient d'ailleurs légèrement altérés. Il avait donc décidé de le lui laisser en guise de payement et de s'en trouver un autre. Depuis, le mécanicien s’entraînait à son utilisation. Il avait certes acquis la technique mais, la fibre artistique n'étaient toujours pas là et ses compositions manquaient très souvent d'harmonie.

Il regarda le piano, un moment, tout sourire, puis pressa quelques touches, doucement, avant de soupirer. Finalement, il fit craquer ses doigts et entama une de ses compositions préférées. Brutale, voir même tonitruante et totalement insensée. Disharmonique par moment, coupée par de nombreux crescendos courts et violents, enchaînant douceur sur rigidité, calme sur agitation, bref, une mélodie des plus déconcertante par sa folie proéminente. Bien à l'image de Gantt, elle était changeante et plus que disproportionnée. On pourrait même parler d'hyperactivité tant il aurait fallut avoir vingt doigts pour arriver à la jouer, par moment. C'était à ce moment là que les raccourcis arrivaient. Elle se termina par un arrêt brutal, suivis d'un petit enchaînement des plus mélancoliques et doux. Quelques douces notes à la fin, comme pour marquer un profond regret.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il avait réveillé tout le quartier, car oui, il avait joué très fort. Il se releva ainsi, en sueur, puis, sans le vouloir, tourna la tête vers la vitrine. Il aperçut une femme qu'il ne reconnut pas au début. Sûrement un voisin venu se plaindre. Il s'en alla alors ouvrir la porte puis écarquilla les yeux, ce n'était pas un voisin, c'était Peronelle ! Alors qu'il reprenait son souffle, un très large sourire se dessina sur son visage. Hurlant son nom et rien d'autre, il voulut se jeter sur elle pour la serrer jusqu'à lui couper le souffle mais, il fut ralentit dans son élan par un objet non identifié, ou presque. Une boule de poils grise, autrement dit, un chat, dans les mains de la jeune barde. Il s'arrêta net, écarquillant les yeux. Un chat ! Un chaton même.

- C'est ... c'est pour moi ? Dit-il le souffle court, n'y croyant tout simplement pas. Il ... Il fallait pas ... Ça coûte cher ... Les yeux rivés sur l'animal, son esprit était en ébullition, tant sa joie était grande à cet instant. Elle était si forte qu'elle l'empêchait de parler. Si forte qu'elle en faisait trembler ses genoux. Si forte d'ailleurs que son être n'y résista pas bien longtemps. Il commença à voir trouble, puis s’effondra tout bonnement sur le sol, inconscient.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Lun 25 Aoû - 12:42

HRP:
 

« Heu, Gantt ! »

Comment dire, Peronelle ne savait pas comment réagir face à un tel élan.. d'affection ? Elle trouvait ça très appréciable mais aussi très étrange, venant d'une personne qu'elle n'avait rencontré qu'une seule fois. Bien qu'ils aient passé une très chouette soirée. Elle n'eut cependant pas le temps d'y penser plus longuement qu'il se trouvait déjà là, par terre, évanouit, sans qu'elle n'ait vu rien venir. Dans un élan de panique, elle écarta les bras et laissa le chaton s'échapper. Celui ci miaula de mécontentement et courut se réfugier dans son panier, tout tremblant. La barde le souleva alors délicatement et le posa près de la porte à l'intérieur de la pièce, sans lancer ne serait-ce qu'un regard à Alexander. Elle revint ensuite sur ses pas et prit une grande inspiration.

Gantt était évanouit avec une grand sourire collé sur les lèvres, ce qui était plutôt bizarre en soit. La barde s'agenouilla à côté de lui et le secoua doucement par les épaules. Elle recommença plusieurs fois, sans résultat et lâcha un gémissement de désespoir. La voilà dans de beaux draps... Peronelle le secoua une nouvelle fois, cette fois ci avec plus  de force, mais toujours aucun résultat.

« Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée Gantt... »

Et sur ces paroles, elle le gifla. Le souffle court, elle attendit,les yeux à moitié ouverts, mais il ne se réveillait toujours pas.. Ce n'était pas pour l'arranger.

Peronelle lança un dernier regard dans la rue, sans y trouver une once d'aide. Elle soupira et se releva alors. Elle aurait très bien pu le laisser comme ça et repartir, mais elle se sentait responsable de ce qui était arrivé. La jeune femme lui souleva alors les bras et le tira difficilement à l'intérieur de sa boutique. Elle récupéra ensuite le panier du chat et ferma la porte en douceur, bien qu'elle grinça. Elle retomba assise près d'un piano qu'elle n'avait d'abord pas remarqué puis attrapa le chaton qu'elle entreprit de rassurer, en attendant qu'Alexander se réveille.

Le félin en eut rapidement assez des caresses de Peronelle, et s'en fut ensuite visiter la pièce. Il fit tomber quelques objets qui tintèrent contre le sol, mais toujours aucun signe de vie de la part de Gantt. Signe de vie, signe de vie... Peronelle sursauta, elle n'avait même pas vérifier s'il était encore vivant ! Elle rampa alors à quatre pattes vers son corps inanimé et pencha sa tête sur sa poitrine, à la recherche de battements de cœur. C'est ce moment que la chaton choisit pour découvrir l'instrument de musique. Il sauta sur le clavier, écrasant les touches qui produisaient d'étranges notes sur son passage. La barde posa son doigt sur ses lèvres.

«  Chuuuuut, minou! »

Bien que le chat ne l'ait pas compris et qu'il ne soit pas décidé à s'arrêter, Peronelle se concentra et posa son oreille là où elle devinait le cœur humain.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Jeu 28 Aoû - 14:06

L'inconscience ... cet endroit à mi-chemin entre la mort et et l'endormissement, ne penchant pas plus vers l'un que vers l'autre mais, se prêtant volontiers au jeu de la confusion. Il n'y avait rien de plus angoissant que l'inconscience. Que faisait-on ? Où se trouvait l'esprit pendant cette période de suspension existentielle ? Avait-il disparu, était-il encore là ? La réponse se trouvait au milieu, là encore. En fait, c'était comme si la vie marquait une pause, un court répits. Elle ne s'arrêtait pas, non, mais, reprenait son souffle. Une petite demie-heure de vide, d'inexistence consciente ou, à l'inverse, d'existence inconsciente. Un trou dans la ligne espace-temps d'un individu parmi tant d'autres. Quelque chose de relativement effroyable et d'agréable en même temps, qui n'avait pas rêvé que le temps s'arrête l'espace d'un instant ? C'était le cas ici, sauf qu'il ne s'en rendait pas compte, ce qui rendait la chose bien moins appréciable.

Lorsque le mécanicien se réveilla un moment plus tard, il n'ouvrit pas immédiatement les yeux. Il sentit une étrange chaleur sur sa poitrine, comme si un objet chaud et relativement léger était posé dessus. Il fit une légère grimace, se demandant à cet instant de quoi il pouvait s'agir. Lorsque sa mémoire lui revint, il se souvint alors du pourquoi du comment et plus précisément, de Péronelle et de son chat. Il rouvrit alors les yeux et tourna aussitôt le regard vers sa poitrine, apercevant la barde en train d'écouter ce qu'il soupçonnait être les battements de son coeur. Voilà qui le fit sourire. Il était chez lui, à en juger par l'environnement, ce qui signifiait qu'elle ne l'avait pas tout simplement laissé là. Un bon point de plus pour elle. Et là voilà même en train de s'inquiéter pour lui. Tout ceci finit par le faire rire, bien que légèrement.

- Rassurez-vous, Péronelle, mon heure n'est pas encore venue.

Il se redressa alors sur les coudes, tout sourire, alors que son regard balayait les environs. Un sourire qu'il ne tarda pas à perdre d'ailleurs. Si son atelier était d'ordinaire très désorganisé, là, c'était bien pire. Il y avait bon nombre d'objets cassés ou éparpillés sur le sol. Le plus remarquable était l'huile d'engraissage versée en une magnifique tâche sur sol et prolongée par des traces de pas ressemblant à celles d'un chat de petite taille. En les suivant du regard, elles le menèrent au piano dont les touches nacrées se retrouvaient maintenant salies.

- ... Je crois que je vais me recoucher, moi.

Dit-il les sourcils froncés, avant de se coucher sur le côté, reposant sa tête sur son bras. Effectivement, si Gantt était d'ordinaire très bordélique et totalement indifférent, là, c'était une autre histoire. Si son piano était toujours très bien entretenu, c'était pour une bonne raison. Cette satanée boule de poils sur pattes l'avait salit sans même s'en rendre compte. Cela dit, les miaulements répétés du chat ne l'aidèrent pas à fermer l'oeil, bien au contraire. Il se redressa d'un seul coup, l'air particulièrement inquiet.

- Il miaule ... Il a peut-être faim ? Ou soif ? Ou alors, il est malade ? Qu'est-ce qu'il a ?

Dit-il l'air perturbé, en oubliant même que son piano avait été détérioré. Il s'approcha de l'animal en question et le prit doucement, très attendrit par son jeune âge et son apparence pour le moins inoffensive.

- Je vais bien m'occuper de lui, et je ne saurais jamais vous remercier à votre juste valeur, Péronelle.

Dit-il en adressant un large sourire à la barde. Ce n'était pas vraiment que pour le chat mais, aussi pour son comportement fort honorable. Il s'absenta quelques instants, le temps d'aller chercher de quoi nourrir son nouveau compagnon, puis s'installa près de la barde, ne prêtant guère attention à l'état dans lequel se trouvait son atelier.

- Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? Que me vaut l'honneur de votre visite ? Lui demanda-t-il sans perdre le sourire.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Ven 29 Aoû - 17:03

Péronelle sursauta quand Alexander se redressa, sans crier gare. Il ressemblait à un homme qui se réveillait tout juste d'une agréable sieste, si loin d'une possible inconscience. La jeune barde soupira, rassurée. Même lui en riait. Cependant il perdit rapidement son sourire. Suivant son regard, Péronelle découvrit avec effroi le désordre qu'avait engendré le chaton... Peut-être n'en voudrait-il plus à présent.. Elle soupira. Elle s'assit alors sur ses talons, mains sur les genoux et attendit une quelconque réaction de la part de Gantt. Celle ci ne tarda pas à venir et quand il déclara vouloir se recoucher, elle paniqua un peu.

« Heu.. Vous êtes sûr ? »

Péronelle était responsable de la situation et se sentait coupable d'avoir introduit une tornade à poils courts dans son atelier. Elle remarqua qu'il regardait attentivement son piano et comprit, en se retournant, que c'était l'état de son piano qui le désespérait de la sorte. De plus, les miaulements du petit chat n'aidait pas à arranger la situation. Quand Alexander se redressa une nouvelle fois, cette fois ci brusquement, Péronelle bascula en arrière sous l'effet de la surprise et s'écrasa sur sa cheville qui l'élança instantanément. Esquissant une grimace de douleur, elle vit le propriétaire de l'atelier se lever précipitamment et rejoindre le chaton, s'inquiétant de son état. Elle en profita pour changer de position et s'asseoir en tailleur, délestant le poids reposant précédemment sur son pied endolori.

« Oh, mais je n'en doute pas, je pense que vous saurez très bien vous occuper de lui. Je crois que pour l'instant, il a simplement faim... »

Dit-elle doucement après l'avoir entendu l'assurer des bons soins qu'il apporterait à la boule de poils. C'est sur ces mots qu'il quitta la pièce, à la surprise – encore une fois – de Péronelle. Quand il revint, la barde comprit pourquoi il avait soudainement disparu ; il était allé trouver de quoi nourrir le jeune félin. Il était comme un enfant, tout joyeux de s'être trouver un nouveau compagnon pour égayer ses journées. Le sourire encore collé aux lèvres, il en vint enfin au sujet de sa visite. Elle se tourna vers lui et la mine un peu embarrassée, lui conta son problème du moment.

« Et bien.. Je crois qu'après la soirée que nous avons passés ensemble, quelqu'un a jugé utile ou intéressant de me défaire de ma bourse, qui contenait la somme qui m'avait été distribuée le soir même, suite à mon récit. C'est plutôt embêtant pour moi, cet argent m'aurait permis de résoudre quelques soucis. »

Elle soupira, pensant à son vieil ami qui aurait besoin de soin l'hiver venu.

« Enfin bref, je ne suis pas venue ici pour me plaindre, mais j'ai trouvé quelque chose de bien étrange en me réveillant ce matin, de plus dans une chambre de l'auberge, qu'en aucun cas je n'aurais pu m'offrir, vous comprenez ? »

Péronelle sourit, un peu gênée d'exposer sa situation de la sorte. Elle sortit de sa poche le joli jeton de bois, et le tendit à Alexander, paume ouverte.

« Voilà. C'est cette chose, en bois je crois. Sauriez-vous me dire ce que c'est ? Ou alors connaîtriez-vous quelqu'un, habitué de cette auberge, qui posséderait de tels objets ? Je saurais alors vers qui me tourner pour récupérer mes sous. »

Elle prit une de ses mains et l'ouvrit, en y déposant le jeton.

« Au final, si vous n'en savez rien, ce n'est pas grave, je peux vous le donner. Je ne sais pas s'il peut m'être utile, vous comprenez ? Ce n'est qu'un bout de bois, joli, certes, mais cela reste un bout de bois. »

Elle lui lança un regard plein d'espoir.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Mer 3 Sep - 20:34

Ainsi Péronelle était revenue pour un soucis d'argent. Gantt l'avait écouté avec intérêt, un implacable sourire sur le visage. Cette bourse lui était d'une grande utilité, certes mais, visiblement, elle n'avait pas entendu ou n'avait pas retenu ce qu'il lui avait dit la veille, en partant. Il n'avait rien dit, attendant qu'elle finisse d'abord de tout lui raconter. Il n'avait pas non plus dit non lorsqu'elle lui avait mit le jeton dans la main, se contentant d'un sourire un peu plus large, avant de regarder ce dernier. Voilà qu'elle était prête à le lui donner en plus, cette femme était très charitable. Il n'était cependant pas question d'un retour à l'envoyeur, surtout après le cadeau qu'elle lui avait ramené. Il marqua un silence, avant de se racler légèrement la gorge. La voix sobre et le ton calme, ce qui était plutôt rare, il entreprit de lui expliquer.

- C'est moi qui ai subtilisé votre bourse. Dit-il en la regardant dans les yeux. Et c'est également moi qui vous l'ai échangé contre ce jeton de bois. Il regarda ce dernier, dans sa main, puis le remit dans celle de Péronelle, tout sourire. Je tenais absolument à apporter mon aide, surtout lors de votre prestation mais, la somme que je voulais vous donner était supérieure à ce que j'avais dans ma main. Pour régler ce problème, j'ai échangé votre argent contre ce jeton qui, vous le devinerez, à une plus grande valeur. Il croisa alors les bras, sans la lâcher du regard, un brin d'enthousiasme dans sa voix. Il appartient à une ancienne collection de douze jetons, chacun portant sur ses face les visages d'un ancien souverain et d'une ancienne souveraine. Il y en avait douze comme ça et la plupart se sont perdus ou ont été détruits. Beaucoup de faux ont également été fabriqués. Celui-ci m'a été apporté par un client qui ne pouvait pas ou ne voulait pas me payer. Il pensait que c'était un faux et a essayé de me le vendre comme un vrai, manque de bol pour lui, c'était bel et bien un vrai après authentification. On peut dire que j'ai eu beaucoup de chance et que cet homme malhonnête n'était pas très futé. Il la regarda un instant de plus, silencieux, puis se releva, s'en allant chercher la bourse qu'il avait déposé sur le comptoir. Mais si vous tenez absolument à la récupérer, alors reprenez-là et excusez moi. Je n'y ai pas encore touché. Dit-il en la lui tendant.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Jeu 4 Sep - 19:54

Rien ne semblait pouvoir décrire l'état de choc dans lequel se trouvait Péronelle. C'était donc cet homme qui l'avait détroussée ? Mais pourquoi ? Ils avaient pourtant passé une bonne soirée, avaient bien discuté... Comment avait-il put faire une chose pareille ? La barde avait accordé sa confiance à Alexander, elle trouvait qu'il lui ressemblait, un peu perdu et à l'opposé de la société.

Après la surprise, la panique. Que devait-elle faire ? Au final, était-il si digne de confiance ? Elle passa de longues minutes enfermée dans le silence, complètement isolée dans ses pensées. Gantt lui avait proposé de récupérer son argent. Péronelle n'arrivait même pas à envisager cette possibilité comme convenable, elle était focalisée sur le vol, pur et simple. Inconsciemment, elle avait commencé à se triturer les cheveux, les emmêlant, les tirant, les arrachant.

Elle se leva brusquement. Sans un regard pour le propriétaire des lieux, elle tituba dans la pièce, se cognant de ci de là, une fois contre le piano, une fois contre une espèce de grosse horloge noircie de partout. Elle se prit même les pieds dans le chat, s'attirant ses foudres et s'étalant sur le sol de tout son long. Évidement, la boule de poils s'était déjà réfugié contre les jambes de son nouveau propriétaire.

Péronelle, en tombant, s'était encore fait mal à la cheville. Elle se releva douloureusement, massant ses coudes égratignés et claudiqua jusqu'à la porte, le jeton toujours enfermé dans sa main. Elle s'appuya sur le cadre de la porte.

« Au revoir Gantt. »

Déclara-t'elle d'un ton parfaitement neutre, sans intonation aucune. En réalité, la colère commençait à monter en elle. Elle se doutait bien qu'il avait pris cet argent pour de vrais besoins, elle ne le pensait pas encore trop mauvais. Cependant, la barde n'avait pas les bons contacts pour se débarrasser de ce bout de bois, apparemment très recherché. Elle soupira, ravalant les larmes de douleurs qui commençaient à lui piquer les yeux et s'éloigna lentement, évitant à tout prix de s'appuyer sur son pied endolori.

Sans un regard en arrière, elle dépassa la grosse fontaine.
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MessageSujet: Re: Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]   Lun 8 Sep - 22:37

À son moindre étonnement, la jeune femme était comme sonnée. Alexander ne perdait pas le sourire, la regardant avec interrogation. Il pencha légèrement la tête sur le côté, attendant sa réponse qu'il présumait bien peu réjouissante. Il n'estimait pas l'avoir trahis. La trahison se faisait pour l'intérêt de quelqu'un au détriment de celui qui ne se douterait de rien. Or ici, il était plus perdant qu'autre chose, il avait simplement voulu l'aider à sa façon et ce fut avec une légère déception qu'il remarqua que Péronelle ne l'avait pas comprit. Dommage, c'était une femme plaisante et sincère, il aurait bien aimé en faire une amie.

La suite fut sans surprise. Elle se releva brusquement, titubant et manquant d'écraser le chat. Ce dernier ne manqua de venir se réfugier auprès du mécanicien, qui regardait alors la jeune barde, déboussolée, prendre la fuite. Les gens ne comprenaient jamais. Lorsqu'elle manqua de trébucher, il fit un pas en avant, levant la main comme pour la rattraper, par réflexe. Non, la situation ne le choquait puisqu'il la comprenait parfaitement, bien qu'il la déplorait.

Le jeton dans sa main, elle se contenta d'une brève et sèche salutation qui en disait long ses intentions à venir. Sûrement qu'il ne la reverrait pas de si tôt, quel dommage.

- Au revoir, Péronelle.

Répondit-il d'une voix aimable, le ton amical. Il lui adressa un sourire tout aussi bienveillant, puis la regarda alors s'en aller sans demander son reste. Il la regarda au travers de la vitre, dépasser la fontaine. Bientôt, elle disparut complètement de son champs de vision. Alexander soupira, puis reposa la bourse sur le comptoir, revenant s'asseoir. Il prit le chaton sur ses jambes, lui caressant le dos.

- Bienvenue à la maison.

Lui dit-il en se reposant sur la chaise, fermant les yeux. Il s'assoupit alors lentement, jusqu'à sombrer dans un profond sommeil.


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Les apparences sont parfois trompeuses. [PV Peronelle] [TERMINE]

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